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Test d'Europa Universalis 4
Écrit par Roms6 le mercredi 30 octobre 2013 à 21:32:59
Europa Universalis 4Ah, Europa Universalis... déjà le quatrième opus. Ce fut avec la sortie de l'extension In Nomine pour Europa Universalis 3 que je mis mes doigts dans un terrible engrenage, après deux minables tentatives d'approche des jeux Paradox. Depuis, j'ai passé des milliers d'heures sur Europa Universalis 3 et également beaucoup sur les autres jeux développés par ce studio. Voilà, vous êtes prévenus.

Europa quoi ?

Commencons par expliquer de quoi nous parlons. Europa Universalis 4 est un jeu de grande stratégie, dans lequel vous prenez le contrôle du pays de votre choix en 1444 pour finir en 1820. Durant ce laps de temps, vous êtes libre de définir vos propres objectifs car il n'y en a tout simplement aucun. Votre bac à sable étant la carte du monde, il est très probable que vous cherchiez à étendre la domination de votre pays sur les autres, de façon diplomatique et / ou militaire. Vous avez la possibilité de vous amuser à refaire l'histoire, et accessoirement de vous instruire si vous n'êtes pas très calé en histoire.

L'aspect superficiel des choses : Paradox 1 – Creative Assembly 0

europa-universalis-4-97Ca devient une constante lorsque Paradox développe une suite, on admire le travail réalisé sur l'aspect graphique, à savoir sur l'interface, la carte et les unités. N'oubliez jamais qu'on part de loin en la matière, car les interfaces de leurs jeux n'ont pas toujours été aussi stylées et intuitives. La carte rend quant à elle très bien, et les unités sont désormais plus détaillées.

Par comparaison avec la profondeur du jeu on peut considérer que l'aspect graphique est superficiel, mais c'est pourtant indispensable pour proposer une expérience de jeu agréable. Vous avez sans doute déjà fait (et ferez souvent) le constat qu'un développeur qui prête attention aux détails d'un jeu, à son enrobage, prête encore plus d'attention au cœur du jeu.

Prenez The Creative Assembly avec sa série des Total War, dont l'intérêt principal est de nous en mettre plein la vue. En 2013, la carte n'a pas changé et est ridicule comparée à celle d'Europa Universalis 4. Alors légitimement vous pouvez vous dire qu'il ne s'agit pas du cœur de métier des Total War. Seulement ne vous étonnez pas après que d'autres « à côtés » ne reçoivent aucune attention : l'IA, les graphismes (un seul filtre anti-aliasing complètement bidon dans les options, so 2013), les performances. Eh oui, tous ces « à côtés » font un jeu. Certains l'ont compris, d'autres non.

Ceci est une révolution

Technologies et interactions
europa-universalis-4-93Le plus grand changement apporté par cette suite est sans conteste l'ajout de la puissance administrative, diplomatique et militaire. Définies sous forme de points dont l'accumulation est limitée, elles s'investissent dans les technologies, les idées nationales et les bâtiments. Comme ces points sont en quantité limitée, vous serez amené en permanence à faire des choix. Ces points dépendront des compétences de votre monarque et de vos conseillers. Ces derniers ayant un coût, il sera encore une fois question de faire un choix.

Globalement vous aurez souvent l'impression de manquer de puissance administrative car il n'est pas seulement possible d'en « dépenser » dans les investissements, mais aussi d'en perdre en cherchant à augmenter la stabilité, ou via des évènements.

D'un point de vue gameplay, cela rend la gestion des investissements bien moins linéaire que dans Europa Universalis 3, mais cela illustre aussi une tendance historique à la centralisation, à plus d'administration.

Toujours par rapport à EU3, les unités telles que les marchands, colons, diplomates et les missionnaires ne sont plus du tout utilisés comme une ressource qui s'accumulerait au fil des mois, mais bien comme des personnages uniques, à la Crusader Kings 2, destinés à exécuter une action bien précise sur la carte.

Doctrines
europa-universalis-4-94Afin d'apporter un minimum d'historicité et d'éviter qu'un pays ne soit qu'une entité générique, une doctrine nationale unique est débloquée par chaque pays à chaque fois que trois doctrines générales sont débloquées. Il s'agit de bonus cumulables. Fait troublant pour les initiés, les curseurs des politiques intérieures de EU3 sont devenus ces fameuses doctrines générales. Là où l'on devait choisir une orientation impliquant un bonus et un malus, et imposant d'aller dans une direction, Paradox a préféré concevoir une progression qui n'offre que des bonus et qui permet d'aller un peu dans tous les sens. Ainsi, vous pouvez associer des doctrines innovantes et religieuses, offensives et défensives, etc. Le but est sans doute de générer moins de frustration pour le joueur, et de ce point de vue c'est un changement appréciable.

Commerce
europa-universalis-4-95L'inintéressant système de centres de commerces laisse place à un système de nœuds commerciaux traversés par des routes qu'il faudra chercher à contrôler à tout prix, afin de s'enrichir. Des bateaux spécialisés dans le commerce permettent d'optimiser ces flux, tandis que des marchands correctement placés peuvent rediriger les ressources vers la capitale. Il est bienvenu d'avoir troqué un système de commerce complètement théorique pour un système qui se matérialise via les flottes de chaque pays sur la carte.

Vous savez maintenant ce qu'il vous reste à faire pour ruiner une nation marchande.

Intelligence artificielle
L'intelligence artificielle est un élément important du jeu qui a sérieusement été revu, et qui devait absolument l'être. Car avec les deux dernières extensions d'EU3, certaines mécaniques de jeu étaient devenues insupportables : la moindre guerre devenait parfois mondiale, et l'IA agissait comme s'il s'agissait uniquement d'attendre le bon moment pour vous porter le coup de grâce, en débarquant avec sa tonne d'alliés.

Dans EU4, les choses sont bien plus claires, chaque pays développe une attitude basée sur l'opinion qu'il a d'un autre pays et sur les interactions avec lui sur le long terme. L'IA désigne des rivaux, peut appliquer la stratégie « les ennemis de mes ennemis sont mes amis », créer des coalitions hétéroclites, etc. Avec tout ça, l'expérience de jeu devient plus cohérente. Les troupes sont d'ailleurs bien mieux utilisées par l'IA, qui si elle est votre alliée cherchera par exemple à regrouper les siennes avec les vôtres.

War. War never changes
europa-universalis-4-92Les derniers patchs d'EU3 avaient montré la voie : Paradox souhaitait accorder davantage de place aux mercenaires. C'est encore plus le cas dans EU4, puisque le regain de manpower par mois des armées régulières est extrêmement faible. Concrètement cela signifie que si vos armées se font écraser n'espérez pas pouvoir la remobiliser complètement avant de longues années. Le concept de génération perdue prend ici tout son sens.

Les mercenaires sont quant à eux plus coûteux, mais ne coûtent rien en manpower. Ne les négligez pas, ils peuvent changer le cours d'une guerre ! La grande Pologne (ci-dessus) approuve ce message. Autre conseil, essayez autant que possible d'associer un général à vos troupes pour chaque bataille, car pour peu qu'il soit compétent, il pèsera fortement dans l'issue d'une bataille.

Interface
Lorsqu'on explique que l'interface est intuitive, cet aspect à lui seul mérite que l'on explicite par des détails concrets. Tout d'abord, n'hésitez jamais à placer votre curseur au-dessus d'un texte, d'une icône, d'un élément de l'interface. Vous aurez toujours une infobulle qui vous apportera des informations utiles. Grâce au système de notifications (les petits étendards alignés à côté du drapeau de votre pays), vous saurez que des actions sont possibles, telles que : gérer des rebelles, recruter un conseiller, voter pour un cardinal, recruter un général, sélectionner une mission, etc.

Le recrutement de troupes et la construction de bâtiments ont été simplifiés. Il est toujours possible de passer par l'interface de chaque province pour cela, mais aussi de passer par une interface de production, dans laquelle il suffit de sélectionner un type d'unité / de bâtiment puis de l'appliquer sur la carte. Pour les grands pays, cette fonctionnalité n'est pas du luxe. On notera l'absence du système de point de ralliement (issu de Victoria 2). C'est assez dommage, d'autant plus que le studio nous avait habitué à étendre le bénéfice d'une fonctionnalité à leurs autres jeux via des patchs ou ses suites.

Multijoueur : « avant j'étais instable, mais ça c'était avant »
Le multijoueur dans un jeu Paradox était souvent synonyme de désynchronisations. Déjà que les parties sont longues, s'il faut en plus les relancer, charger la sauvegarde, attendre que tout le monde charge... Sauf que cette fois-ci, le studio a fait les choses correctement avec l'intégration de Steamworks et en a profité pour revoir son netcode, lequel est désormais très stable. Il est même possible de rejoindre la partie en cours d'un ami, pour peu qu'il ait activé l'option « hotjoin ».

Performances, stabilité, regret
Rien à signaler du côté des bugs ou des performances, sur diverses configurations (à base de Core i3, i5). Le jeu est bien passé par la case Quality Assurance, et dispose d'optimisations pour les configurations multicore. Il a reçu quelques patchs depuis sa sortie.

Allez, un regret pour la forme : il n'est plus possible de passer d'une monarchie à une république en le décidant soi-même, Paradox ayant décidé que la notion de despote éclairé était caduque. Pour y parvenir, il faudra laisser les rebelles gagner.

Le roi est mort, vive le roi

Avec Europa Universalis 4, nous sommes en face d'une suite bien meilleure que son prédécesseur, d'un jeu de grande stratégie plus accessible. Aucune partie ne se ressemble, la durée de vie du jeu est immense. Pour dire les choses simplement : on s'amuse beaucoup.

Tout n'est pas passé en revue dans ce test, car comme souvent avec un jeu Paradox il serait trop long d'évoquer l'ensemble des fonctionnalités. N'hésitez pas à tester la démo du jeu. Ne cherchez pas à tout comprendre d'emblée, testez une par une les possibilités qui vous sont offertes, et observez ce qu'il se passe car malgré les apparences, le jeu est très posé. A la moindre interrogation, le wiki et les forums du jeu vous seront d'une grande utilité.
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